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Il attend sa première pièce. Mes boucles d'oreilles en cuir recyclé sont un bon point de départ.
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Ma démarche
Le cuir recyclé
Le cuir que j'utilise n'a jamais été produit pour moi. Ce sont des chutes de maroquinerie : des zones trop petites pour un sac ou une ceinture, qui partent d'ordinaire à la benne. Elles sont pourtant impeccables — tannage végétal, teintes profondes, grains superbes. Il leur manquait seulement une destination.
Chez Les Lupalines, chaque bijou porte les traces d'une matière déjà vécue et le geste d'une fabrication entièrement artisanale. C'est cette rencontre qui rend chaque création unique.
C'est aussi ce qui limite mes séries : quand une teinte est épuisée, elle ne revient que si l'atelier d'origine en retravaille. La contrainte du réemploi — et ce qui rend chaque pièce précieuse.

L'atelier de création : outils de coupe, alênes et chutes de cuir triées, prêtes à devenir des bijoux.
De la chute au bijou
Chaque mois, je récupère les chutes de plusieurs ateliers de maroquinerie français. Ce sont des morceaux trop petits pour eux — parfaits pour moi.
De retour à l'atelier, tout est trié par teinte, par grain et par épaisseur. C'est ce tri qui décide de la collection à venir.
Chaque forme est découpée à l'emporte-pièce ou au couteau à parer, selon le modèle. Aucune découpe laser : la tranche reste vivante.
Les tranches sont poncées puis teintées à la main, une par une. C'est l'étape la plus longue, et celle qui fait toute la différence.
Crochets, anneaux et fermoirs en acier inoxydable doré, sans nickel, sont posés à la pince. Puis chaque pièce est contrôlée et emballée.
Où je suis
Tout se passe au même endroit : la collecte, le tri, la découpe, la finition, l'emballage et l'expédition. Pas de sous-traitance, pas d'intermédiaire.
Les noms de mes pièces viennent d'ici — Étretat, Houlgate, Varengeville, la forêt de Brotonne. Ce sont les endroits où je marche quand je cherche une idée.
